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DÉCÈS DE LOUIS CAMILLE

NÉCROLOGIES  et ÉLOGES

 

Louis Camille vit à Alger et enseigne à la faculté de médecine. Appelé à Paris pour participer à un jury d’agrégation, il décède brusquement le 12 mai 1936. (Sans doute des suites de son intoxication expérimentale). Son corps est transféré à Pont à Mousson où il est inhumé. La presse locale fera largement écho de ce décès, rappelant que les observations scientifiques de Louis Camille Maillard font autorité dans le monde entier.

 

Son caveau de granit, en bordure de l'allée centrale, est d'une grande sobriété. Une plaque indique son titre de Professeur, Correspondant de l'Académie de Médecine et de Chevalier de la Légion d'Honneur. La Faculté de Médecine d’Alger a déposé sur son tombeau une branche de laurier en bronze marquant ainsi son attachement à cet ami trop tôt disparu.

 

Les rubriques nécrologiques les plus flatteuses viennent encenser ce personnage hors du commun. Citons ici :

 

               C.ACHARD, Société de biologie

A. GORIS, Académie de Médecine

E.LEBLANC & J.ETTORI, Presse Médicale

A.GIBERTON, Algérie Médicale.

 

Sous cette rubrique, Monsieur Giberton parle également de l'extraordinaire éloge prononcé par le Doyen Paul CHAUVEAU lors de la séance de rentrée de l'Université en 1936. Je n'ai pas, hélas, retrouvé ce texte.

Curieusement, aucune de ces rubriques, même régionale, ne parle de sa famille (parents, enfant, conjoint ou frère). Pourtant nous trouvons trace d'Henri dans les livres de paiement des concessions du cimetière. Il est domicilié au 343, boulevard Saint Germain à Paris en date de 1934.

Au niveau local, n'ayant plus de parenté directe sur la ville de Pont à Mousson, la famille MAILLARD tombe dans l'oubli.

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Certificat de décès : numéro 532

Louis Camille MAILLARD

Mairie du 6ème arrondissement de Paris

Le douze mai mil neuf cent trente-six à dix-sept heures, est décédé au 1, rue du Four, M. Louis Camille MAILLARD, domicilié à Alger (Alger), né à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), âgé de cinquante-huit ans, Docteur en Médecine, Chevalier de la Légion d'Honneur, fils de Louis Charles Arthur MAILLARD et de Marie Mathilde BAUDOT, époux décédés ; divorcé de Louise FAISANS. Dressé le treize courant, dix heures trente minutes, sur la déclaration de Léon THEVENET, âgé de soixante-quatre ans, négociant, rue de Chaillot, 37, qui, lecture faite, a signé avec Nous, Ernest BULLOZ, Officier de la Légion d'Honneur, adjoint au Maire du 6ème arrondissement de Paris.

2 signatures :                 L. THEVENET                                             E. BULLOZ

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Nécrologie  de Louis Camille MAILLARD

Le samedi 16 mai 1936, en page 6 de l’EST REPUBLICAIN

figure ce texte sous la rubrique nécrologique :

Nous apprenons la mort de Monsieur le Docteur Louis MAILLARD, professeur de chimie médicale à la Faculté de Médecine d’Alger. Monsieur le Docteur MAILLARD, qui était le fils de feu Monsieur le Docteur MAILLARD de Pont à Mousson, était apparenté à la famille de Monsieur le Docteur ROHMER*, de Nancy.

Ayant fait toutes ses études à la Faculté de Médecine de Nancy, il avait été reçu au concours de l’agrégation et titulaire comme professeur à la Faculté d’Alger. Il s’était livré à d’importants travaux sur la chimie médicale et certaines de ses observations font autorité dans le monde entier.

En 1919, l’Académie de Médecine l’avait élu membre correspondant. Il était venu à Paris pour participer au jury du concours d’agrégation et c’est là qu’une mort foudroyante vint le frapper. Nous exprimons à sa famille nos bien vives condoléances.

*Le Docteur ROHMER a épousé Marie Camille Henriette ADRIAN, cousine germaine de Louis Camille 

L’INDEPENDANT DE PONT A MOUSSON, N° 992 du jeudi 21 mai 1936,

archives départementales réf. JOUR 310 volume 1

L’ECLAIR DE L’EST, vendredi 15 mai 1936, réf. JOUR 18 MAI 1936

LE JOURNAL DES LORRAINS DE PARIS : Régionaliste Mensuel :

10ème année, n° 3, 15 juin 1936, rubrique Nécrologie

Le docteur Louis MAILLARD, professeur de Chimie médicale à la Faculté de Méd. d’Alger. Fils d’un médecin de PAM, le docteur Louis MAILLARD avait fait toutes ses études à la faculté de Nancy

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ANNALES de l’UNIVERSITE de PARIS,

Faculté de Médecine, 1937, 12, n° 3 pages 194 et 195

M. le professeur MAILLARD, ancien agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, est décédé le 12 mai 1936 à Paris, où il avait été appelé à siéger en qualité de membre du jury de l'un des concours d'agrégation.

Né le 4 février 1878 à Pont-à-Mousson, M. MAILLARD avait été successivement assistant et chef des travaux pratiques de chimie à la Faculté de Médecine de Nancy ; il vint à Paris en 1902, où il fut nommé chef des travaux du laboratoire de chimie biologique. Pharmacien supérieur, docteur en médecine (1903) avec une thèse intitulée :

Recherches sur l'indoxyle urinaire et les couleurs qui en dérivent ; docteur ès sciences (1913) avec une thèse sur l'Action de la glycérine et des sucres sur les acides alpha-aminés, il a été nommé professeur agrégé en 1904.

Chef des travaux pratiques de chimie à la Faculté le 14 août 1912, il a été désigné le 1er juillet 1919 pour occuper la chaire de Chimie biologique et Toxicologique à la Faculté de Médecine et de Pharmacie d'Alger. Pendant la guerre, il dirigea divers laboratoires où il étudia les questions d'hygiène alimentaire, d'hydrologie et de toxicologie.

Il fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur en 1916. Son nom reste attaché à un coefficient urinaire ou indice d'imperfection uréogénique, indiquant le déficit de la formation d'urée dans l'organisme aux dépens des corps azotés. Il était depuis 1919, correspondant national de l'Académie de Médecine.

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BULLETIN DE L’ACADEMIE DE MEDECINE

Année 1936, tome 115 page 847 et 848

Séance du 23 juin 1936

 NECROLOGIE

Notice nécrologique sur Monsieur Louis MAILLARD

(1878-1936)

Par M. A. Goris 

M. Louis MAILLARD, né en 1878, docteur en médecine, docteur ès sciences, pharmacien supérieur, était professeur à la Faculté de Médecine d’Alger.

Ancien élève de la Faculté de Nancy de 1897 à 1901, où il fut successivement Assistant et Chef des Travaux pratiques de Chimie, M. L. MAILLARD vint à Paris en 1902 et fut nommé chef des travaux du Laboratoire de Chimie biologique, sous la direction de A. Gautier. Agrégé en 1914, il fut chargé, à plusieurs reprises, des  Conférences de Chimie Biologique.

Il fut nommé, en 1919, professeur de chimie biologique et médicale à la Faculté d’Alger, et, la même année, correspondant national de l’Académie de Médecine dans la section de pharmacie.

Pendant la guerre, chargé de la direction de divers laboratoires, il se consacra à l’étude des questions relatives à l’hygiène alimentaire, l’hydrologie, la toxicologie qui lui incombaient. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1916. 

M. MAILLARD a fait de nombreuses publications ayant trait à la chimie minérale, agricole et analytique, mais plus particulièrement à la chimie organique et biologique. 

Il fit connaître une synthèse des polypeptides par une méthode simple enchaînant les acides aminés par éthérification glycérique transitoire. Chauffés au sein de la glycérine, ces amino-acides s’associent, soit en dipeptides cycliques (les cyclo-glycyl-glycines) de Maillard, soit en polypeptides linéaires. Déjà Fischer avait obtenu semblables composés in vitro ; l’intérêt des recherches de Maillard consiste en la simplicité de la réaction proposée par lui. Elle permet, d’autre part, d’envisager le mécanisme naturel de l’assimilation protéique chez les êtres vivants et de montrer la nécessité des graisses pour l’utilisation alimentaire des albuminoïdes. 

La découverte de la production à volonté des deux matières colorantes, l’indirubine (rouge) l’indigotine (bleue) est souvent désignée sous le nom de «phénomène de Maillard ». Il s’agit d’une polymérisation d’une troisième matière colorante l’hémi-indigotine qui se fait suivant la réaction du milieu, tantôt dans l’une ou l’autre des deux matières colorantes. Ce travail a mis fin à la nomenclature de tous les pigments urinaires dérivant de l’indigo-sulfonate de potassium. 

Son nom s’attache aussi à un « coefficient urinaire » ou « indice d’imperfection uréogénique », indiquant le déficit de la formation d’urée dans l’organisme aux dépens des corps azotés. Ce coefficient est le rapport de l’azote total à l’azote provenant des acides aminés et des sels ammoniacaux qui ne sont pas transformés en urée. Ce coefficient, d’environ 6,5 chez l’homme normal, diminue chez les végétariens et augmente avec le régime carné.

En chimie biologique, on peut encore citer ses recherches sur la cristallisation des protéines et particulièrement de la fibrine. Il a également démontré le rôle de la dissociation électrolytique dans l’action biologique, toxicologique et thérapeutique des sels minéraux. 

En chimie agricole, Maillard a esquissé une théorie sur le mécanisme naturel de la formation de l’humus et des combustibles minéraux. 

Ses travaux de chimie analytique ont trait au dosage de l’arsenic, du vanadium et, peu de jours avant sa mort survenue brusquement à Paris, - où il était venu comme juge au concours d’agrégation, - il avait présenté un travail sur la présence et le dosage du titane dans l’organisme. 

La Faculté d’Alger perd en L.Maillard un professeur estimé et un savant faisant preuve d’une grande originalité dans ses recherches.    (Assentiment unanime).        Haut de page       

Paul CHAUVEAU, Doyen de la Faculté de Droit d'Alger[1]

de 1934 à 1943

 

Paul CHAUVEAU est né à Rennes le 16 octobre 1898 (il est le cadet de 20 ans de LC). Il fait ses études secondaires au lycée de Rennes mais les achève au lycée Janson de Sailly à Paris. Il effectue ses études supérieures à la fois à la Faculté de Droit de Rennes et à celle de Paris où il devient Docteur en Droit. La 1ère Guerre Mondiale interrompt alors ses études. Le 16 octobre 1916 (jour anniversaire de ses 18 ans) il s'engage volontairement dans la marine pour la durée de la guerre. Il ne sera démobilisé que le 20 octobre 1919. Il reprend alors ses études. Il est nommé chargé de cours à la Faculté de Droit d'Alger(c'est à ce moment qu'il fait la connaissance de M. MAILLARD) à compter du 1er janvier 1925. Il passe l'agrégation de droit privé en 1926 et est affecté sur place à Alger où il sera titularisé en 1929.

 

Survient alors le second conflit mondial. Paul CHAUVEAU est rappelé dans la marine le 1/9/1939. Il est second-maître fourrier. Le 24 novembre 1939, il est promu au grade d'officier adjoint de justice maritime. Le 26 janvier 1940, il sera commissaire de 1ère classe auxiliaire. Il est démobilisé le 2 septembre 1940.

 

Il reprend ses cours à la Faculté de Droit d'Alger, dont il était devenu Doyen en 1934. Mais en 1942, il s'engage volontairement pour la durée de la guerre. Il retourne dans la marine et sert sous les ordres de l'amiral Lemonier. Il est alors promu au grade de Commissaire principal auxiliaire le 1er avril 1943, affecté à la marine corse en septembre de la même année, et mis à la disposition du commissaire de la justice, investi des fonctions de Procureur Général à Bastia lors de la libération de la Corse. En mars 1944, il est affecté à l'Etat-major général de la guerre sous les ordres du général Béthouard en qualité de chef de service de la liaison administrative. Il part à Londres en juin 1944 et est nommé officier de liaison administrative par décision du commandant supérieur des forces françaises en Grande-Bretagne.

 

Il est débarqué en Normandie le 20 juin 1944 et participe à la campagne de Normandie avec la 1ère armée américaine, en tant qu'officier de liaison. Lors de la Libération de Paris, il est assimilé au grade de Commissaire en chef, et nommé dans le cadre des assimilés spéciaux au service de la justice militaire. Il est alors nommé au tribunal militaire permanent de Paris le 25 novembre 1944et chargé de la recherche des crimes de guerre ennemis.

 

Il sera démobilisé le 1er octobre 1945. Mais, mis à la disposition du Ministère des Affaires Etrangères, il est détaché au service des affaires allemandes et se trouve envoyé à Berlin d'octobre 1945 à octobre 1947. Ce n'est qu'en octobre 1947 qu'il reviendra à Alger et reprendra ses fonctions de professeur à la Faculté de Droit d'Alger. Il les conservera jusqu'à l'indépendance de l'Algérie. Après les accords d'Evian en 1962, il quitte définitivement ce pays et arrive à Bordeaux en juillet 1962. Il va terminer sa carrière à la Faculté de droit de Bordeaux où il restera pendant 6 ans, jusqu'à sa mise à la retraite le 16 octobre 1968 (il a 70 ans). En dépit de ces activités, le Doyen CHAUVEAU a publié des traités de droit maritime et de droit aérien. Il est membre de l'Association française de droit maritime et de droit aérien, et membre du Comité maritime international, ainsi que de l'International Law Association.

Paul CHAUVEAU avait été décoré de la Croix de la Légion d'Honneur par décret du 21.12.1951, mais il était aussi Officier des Palmes Académiques et grand officier du Nichan Iftikar.

Curieuses les similitudes entre Louis Camille MAILLARD & Paul CHAUVEAU : tous deux études double (province et Paris), tous deux docteurs, tous deux engagés volontaires pour la durée de la guerre, démobilisés en 1919, tous deux à disposition du Ministre, tous deux sont titulaires de la légion d'honneur, tous deux sont professeurs à la Faculté d'Alger, tous deux publient régulièrement et participent à nombres de sociétés. Ces deux exilés devaient être les meilleurs amis du monde. C'est lui qui prononcera un éloge remarquable de Louis Camille lors de la séance de rentrée en 1936. Je n'ai hélas pas réussi à retrouver ce texte. (Voir vers Bordeaux)        Haut de page