L'ARMÉE, LA GUERRE
et LES CADRES DE RÉSERVES
Bien que libéré de ses obligations militaires, la déclaration de guerre du 3 août 1914 le voit s’engager dès le lendemain au 42ème RI pour la durée du conflit. (livret militaire & Etat de service). Il est clair que le comportement de son père (né en Lorraine allemande) qui a opté pour la France en 1871 et celui de son frère aîné, capitaine à St Cyr influent sur sa décision. Le patriotisme est très élevé, voire violent chez les Lorrains et plus particulièrement chez ceux, qui, vivants en zone annexée, sont condamnés à l’exil intérieur.
Son récent divorce, l'absence de son fils, le fait de savoir ses parents en zone sensible, autant de raisons qui s'ajoutent au devoir et au patriotisme pour justifier son engagement. Fuite de l'homme trahi et déçu ou engagement patriotique ? Nous ne pouvons répondre à cette question. Nous manquons d'informations personnelles. Son livret militaire et ses états de services sont beaucoup plus parlant, voyez plutôt :
Il s'engage le 9 août 1914 (le 31 juillet sur un autre document) au lendemain (ou à la veille) de la déclaration de guerre du 3 août pour la durée du conflit comme soldat de 2ème classe au 42ème régiment terrestre d'infanterie. Ses qualités scientifiques et médicales entraînent rapidement son transfert vers des unités plus en rapport avec ses compétences.
Il est promptement muté à l’hôpital du Val de Grâce. Avec le patriotisme exacerbé d'un Lorrain, il met sa science au service de son pays. Il est chargé de la préparation des vaccins au service antityphoïdique de l'armée. Il vaccine sur tous les fronts et nous suivons notre héros sur les traces des "poilus" du 42ème RTI à la 4ème armée, du 11ème corps d'armée à la 2ème armée. Il contracte une grave infection d'origine expérimentale qui lui vaut la Médaille de Vermeil des Épidémies le 1/12/1915.
Les
éminents services rendus lui valent d'être fait chevalier de la Légion
d'honneur, à Verdun, en 1916. Promu médecin major, il prend en charge les
laboratoires de Toxicologie, Bactériologie et Chimie de la 2ème armée.
Après une citation le 15 septembre 1917, il dirige le laboratoire de
toxicologie aux armées. C'est la "sale
guerre" en Europe et surtout en France. Les gaz et les bactéries font
partie des armements. Les médecins et chimistes sont très exposés. Une lettre
manuscrite de 1936 nous donne une idée des rapports qu'il entretenait avec ses
hommes
Il est nommé chef de la section de chimie «à la disposition du ministre », sans doute une mission particulière. En 1918, il réintègre le Val de Grâce et s’occupe des travaux pratiques de chimie. La fin de la guerre entraîne sa libération le 26 février 1919 et son retour vers la vie civile.
Il reste en contact avec l'armée ; placé hors cadres en 1920, il demande sa réintégration et l'obtient en 1924 avec rétroactivité. Maintenu dans les cadres de réserves sur sa demande, il effectue une période en 1929. Il est rayé des cadres en 1931 avec le titre de commandant honoraire.
Louis
Camille MAILLARD
Jeune soldat appelé (service armé) de la classe de 1898 de la subdivision de Toul, n° 190 dans le canton de Pont à Mousson ajourné en 1899 . Reconnu apte au service armé en 1899 et classé par le conseil de révision dans la 3ème partie de la liste de recrutement comme Bon, dispensé article 23 (étudiant). Licencié ès sciences. Réformé n° 2 par la commission spéciale de Toul dans la séance du 11 novembre 1899 pour myopie de 6 dioptries à droite et 7 dioptries à gauche et astigmatisme.
Reconnu bon pour le service armé par décision du Général adjoint au Gouverneur de Toul en date du 18 octobre 1916 et suivant avis de la 3ème commission de réforme de la Seine du 9 août 1914. Affecté au 42ème Régiment Territorial d'Infanterie sous le n° 3622 au répertoire comme Médecin aide major de 2ème classe de réserve par décret présidentiel du 30 août 1914. Journal Officiel du 1er Septembre 1914. Affecté au Laboratoire de vaccination antityphoïdique de l'Armée au Val de Grâce jusqu'au 8 mars 1916.
Désigné pour être dirigé sur RPS de la 4ème Armée. Nommé à titre définitif le 21 février 1916. Nommé Médecin Major de 1ère classe par Décret du 9 mars 1916. Désigné chef du Laboratoire de Toxicologie du 11ème Corps d'armée. Désigné par ordre du Général adjoint au Gouverneur n° 4422/ T du 12 octobre 1916 pour être affecté au Laboratoire bactériologique de chimie de la 2ème Armée, chef de la section de chimie.
Remis à la disposition du ministre po 29869 le 28 décembre 1917 du Général Commandant en chef.
A
disposition du Général Médecin
Paris, affecté au Val de Grâce (faculté de Médecine)
Mis en congé illimité sans solde le 20 février 1919. Se retire à Paris, 2 quai de Gesvres 4ème
Mis hors cadres par décision ministérielle du 27 septembre 1920, application de l'article 2 du décret du 31 août 1878 notifié par décret ministériel 22842 A1/7 du 13 novembre 1920
Réside à Alger
Réintégré dans les cadres par décision ministérielle 4990 du 4 avril 1924 et mis à la disposition du Général Commandant le 19ème Corps d'Armée. Maintenu sur sa demande dans des cadres de réserves en application de l'article de la loi du 8 janvier 1921.
Affecté en cas de mobilisation Médecin adjoint technique et d'hygiène. 1/1/1928
Accompli
une période d'instruction à l'entrepôt de réserve générale de matériel
d'Aubervilliers du 14 mai 1929 au 7
juin 1929
Rayé des cadres par décision présidentielle n° 5656 1/7 du 28 avril 1931.
Médecin Commandant Honoraire 5 août 1931, JO du 13 août 1931 page 8848
Citation
collective au Service de Santé n° 120 du 15 septembre 1917
Médaille des Epidémies, Vermeil, 1/12/1915, JO 8/12/1915, page 8962
Légion d'Honneur, Chevalier, 20 juillet 1916, JO du 31/7/1916, pages 6838/50/51
Quoique
libre de toute obligation militaire, s'est engagé dès le début de la
campagne et a pris une part importante au développement du service
antityphoïdique de l'armée, contribuant dans une large mesure à la préservation
des effectifs.
A trouver signification: RPS (Régiment des Professions de Santé ?);
le
texte de la citation n° 120 du 15/9/1917
En provenance du Service historique de l’armée de terre, Château de Vincennes
BP 107 00 481 ARMEES (côte 6 Ye 15933)
Signatures, Lieutenant-Colonel BODINIER, Colonel A. BACH
Réf. 12.11.1997 *12800 DEF/EMAT/SHAT/DAC
Et 12.12.1997 * 14150
Journal
officiel du mercredi 8 décembre 1915
Par application du décret du 15 avril 1892 et de l’arrêté du 27 du même mois, le ministre de la guerre a, par décision du 1er décembre 1915 décerné les médailles d’honneur des épidémies ci-après :
M.MAILLARD (Louis-Camille), médecin aide-major de 2ème classe
à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce.
Journal officiel du lundi 31 juillet 1916
N° 206 ; page
6838
Le ministre de la guerre, vu le décret du 13 août 1914,
Arrête :
Article unique : Sont inscrits au tableau spécial de la légion d’honneur à compter du 20 juillet 1916, les militaires de la réserve et de l’armée territoriale dont les noms suivent : page 6850/51
MAILLARD (Louis-Camille),
médecin-major de 1ère classe de réserve au service de santé d’un corps d’armée :
Quoique libre de toute obligation militaire, s’est engagé dès le début de la campagne et a pris une part importante au développement du service antityphoïdique de l’armée, contribuant dans une large mesure à la préservation des effectifs.
JO du vendredi 25/3/1916, page 1543, Ministère de la Guerre
Service
de Santé, Réserve & Armée territoriale,
NOMINATION
Par décret du 21 février 1916, rendu par le Président de la République, sur le rapport du ministre de la guerre, ont été nommés dans le cadre des officiers du corps de santé de réserve et de l’armée territoriale, et, par décision ministérielle du même jour, maintenus à la disposition du général commandant en chef les armées françaises et des généraux commandant les régions, suivant leur situation actuelle pour prendre rang à la date de leur nomination à titre temporaire :
Au grade de médecin-aide-major de 2ème
e classe (à titre définitif)
les médecins aides-majors de 2ème classe, à titre temporaire de réserve :
M.MAILLARD(Louis-Camille), gouvernement militaire de Paris, rang du 30 août 1914
JO N° 71, dimanche 12/3/1916, page 1977, Ministère de la Guerre
Service
de Santé, Réserve & Armée territoriale
PROMOTION
Par décret du 9 mars 1916, rendu par le Président de la République sur le rapport du ministre de la guerre, sont promus dans le cadre des officiers du corps de santé, de réserve et de l’armée territoriale, et, par décision ministérielle du même jour, maintenus à la disposition du général commandant en chef les armées françaises et des généraux commandant les régions, suivant leur situation actuelle :
Au grade de médecin-major de 1ère
classe de l’armée territoriale
page 1978 les médecins aides-majors de 2ème classe de réserve :
M. MAILLARD (Louis-Camille), gouvernement militaire de Paris Haut de page