MARIAGE & ENFANT
La densité et la fréquence de ses publications, son cours magistral, la passion qu'il voue à la science et à la recherche ne lui laissent aucun loisir. Le port d'imposantes lunettes, indispensable pour surmonter son handicap, ne favorise guère l'attirance et la séduction physique. On le dit austère, rigoureux, sévère mais également chaleureux, brillant causeur et d'une culture très étendue.
C'est la fille d'un collègue, également chercheur qui le sortira du célibat. Il épouse Jeanne-Louise FAISANS le 16/6/1910, à Paris 8°. Jeanne est la fille du docteur Michel Léon FAISANS, médecin des hôpitaux et de Eugènie CHAMPION qui résident au 30 de la rue de La Boétie. Henri FAISANS, sénateur des Basses Pyrénées, oncle de la mariée est son témoin chez Me VIGIER, lors de la rédaction du contrat de mariage, paraphé de 14 signatures.
Ils habitent au 2, rue de Gesvre. Ils ont un enfant, Henri Arthur (Henri, comme le Sénateur que l'on honore et Arthur, prénom usuel du père de Louis Camille), qui voit le jour le 12/2/1911. Si l'enfant arrive à terme, cela laisse à penser que Jeanne est enceinte de 6 semaines au moment du mariage. Cette situation accélère-t-elle le mariage ? (ou l'engendre-t-elle ?). La question mérite d'être posée. Les réponses ne sont que scénarios, réalistes certes mais hypothétiques à ce jour !
Début du siècle, année 1910. C'est la "Belle époque" et dans ce milieu parisien, bourgeois, médical et catholique l'image est de la plus haute importance. Le "planning" familial et la cellule monoparentale n'existent pas encore. Une jeune fille enceinte, hors les liens sacrés du mariage, est considérée par les "bien-pensants" comme une prostituée. Une demoiselle "fille-mère" dans la famille du Sénateur aurait fait plutôt désordre. Hors la pension chez la cousine de province, le couvent ou les vacances en Suisse, le mariage rapide demeure donc la seule solution. La famille préfère courir le risque d'un mariage scabreux plutôt que le scandale et la honte d'un "enfant sans père". Plausible, mais cela reste des hypothèses
Contrat de mariage de Jeanne FAISANS et Louis Camille MAILLARD
Par-devant Maître Léon VIGIER, notaire de Paris
ont comparu :
1°) Monsieur Louis Camille MAILLARD, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, demeurant à Paris, rue des Ecoles n° 26 ; Majeur, fils de M. Léon Charles Arthur MAILLARD, Docteur en médecine et Madame Marie Mathilde BAUDOT, son épouse, demeurant ensemble à Pont à Mousson, Place Duroc, n° 38
- stipulant pour lui et en son nom personnel
D'une part ;
2°) Monsieur et Madame MAILLARD, ci-dessus prénommés, qualifiés et domiciliés, Madame MAILLARD assistée et autorisée de son mari,
- agissant aux présentes tant à raison de l'agrément qu'ils donnent au mariage du futur époux, leur fils, qu'à raison de la dot qu'ils vont lui constituer ci-après
Aussi d'une part
;
3°) Mademoiselle Jeanne Louise FAISANS, sans profession, demeurant à Paris, rue de La Boétie n° 30, chez Monsieur et Madame FAISANS, ses père et mère, majeure, fille de Monsieur Michel Léon FAISANS, Médecin des Hôpitaux, Officier de la Légion d'Honneur et Madame Eugènie Pauline Léon Jeanne CHAMPION, son épouse, demeurant ensemble à Paris rue La Boétie n° 30
- stipulant pour elle et en son nom personnel
D'autre
part ;
4°)Monsieur et Madame FAISANS, ci-dessus prénommés, qualifiés et domiciliés, Madame FAISANS assistée et autorisée de son mari,
- agissant aux présentes tant à raison de l'agrément qu'ils donnent au mariage de la future épouse leur fille qu'à raison de la dot qu'ils vont lui constituer ci-après
Lesquels en vue du mariage projeté entre eux et dont la célébration doit avoir lieu à la Mairie du huitième arrondissement de Paris, en ont arrêté les clauses et conditions civiles de la manière suivante :
Article
1er
Les futurs époux adoptent pour base de leur union le régime de la Communauté de biens réduits aux acquêts conformément aux articles 1498 et 1499 du Code civil, sauf les modifications pouvant résulter des articles ci-après.
En
conséquence, ils ne seront pas tenus de dettes et hypothèques l'un de
l'autre antérieures à la célébration du mariage, ainsi que de celles
dont pourront se trouver grevés les biens et droits qui écherront ou
adviendront à chacun d'eux pendant le mariage par succession, donation,
legs ou à tout autre titre personnel.
Ces dettes et hypothèques s'il en existe ou survient seront acquittées par celui des époux qui les aura contractées ou du chef duquel elles proviendront, sans que l'autre époux, ses biens personnels ni sa part dans la communauté en puissent être tenus ni chargés.
Et ils se réservent en propres et excluent de la communauté leurs apports et dots ci-après constatés et généralement tous les biens meubles et immeubles qui pourront pendant la durée de la communauté advenir à chacun d'eux par succession, donation, legs ou autrement de telle sorte que la communauté se composera seulement des fruits et revenus des biens propres à chacun des époux et des bénéfices et économies qu'ils pourront faire pendant le mariage.
De plus il est formellement stipulé :
Que
les objets à l'usage personnel des futurs époux qui existeront au jour
de la dissolution de la communauté, tels que objets de garde robe,
linges, dentelles, fourrures et bijoux feront l'objet de reprises en
nature pour chaque époux ou ses ayants droits, les dits objets devront
être considérés comme étant la représentation et l'équivalent de
ceux de même nature apportés au mariage constitués en dot ou
recueillis à titre personnel pendant la communauté; que parmi les
objets à l'usage personnel du futur époux ainsi réservés propres et
sujets à reprise par équivalence au jour de la dissolution de la
communauté, doivent être compris ses livres, papiers, instruments et
documents scientifiques de toute nature, ainsi que le mobilier de bureau
ou autres meubles affectés au classement ou à l'usage de ses
documents.
Et que nonobstant le régime de la communauté réduite aux acquêts les futurs époux ou leurs représentants ne seront pas tenus pour exercer la représentation de leur mobilier présent et à venir ou de sa valeur de justifier des inventaires et états dont parle l'article 1499 du Code civil. Il suffira des justifications indiquées par les articles 1502 et suivant du même Code.
En cas de vente ou de remboursement pendant le mariage de valeurs propres à l'un des ou à l'autre des époux, la reprise en résultant sera du prix de la vente ou du montant du remboursement justifié par toute pièce de nature à en établir le chiffre sinon et à défaut de ces justificatifs, la dite reprise sera du chiffre moyennant lequel elles auront été attribuées si elles proviennent de partage et s'il n'y a pas eu de partage, du montant de leur valeur, au cours de la Bourse de Paris du jour de l'événement qu'alors même que la future épouse se serait obligée à les payer ou y aurait été condamnée, auquel cas elle ou ses héritiers et représentants en seront garantis et indemnisés par le futur époux ou ses héritiers et représentants et sur ses biens personnels.
Il
est bien entendu toutefois que cette clause n'a d'autre effet que de régler
les rapports des époux et de leurs représentants pour les comptes à
établir ultérieurement entre eux et qu'elle ne pourra dans aucun cas
préjudicier aux droits des tiers envers lesquels la future épouse se
serait obligée pour son mari ou solidairement avec lui.
Telles sont les conventions des parties arrêtées en présence de :
- Madame CHAMPION, aïeule de la future épouse
- Monsieur Henri FAISANS, Sénateur des Basses Pyrénées et Madame Henri FAISANS, ses oncle et tante
- Mesdemoiselles Marie FAISANS, Marcelle FAISANS et Renée FAISANS, ses sœurs
- Et Monsieur Camille LEFEVRE
Dont Acte :
Fait et passé à Paris rue La Boétie n° 30 au domicile de Mr le Docteur et de Madame FAISANS
L'an
mil neuf cent dix, le quinze juin
Avant de clore et conformément à la loi Maître Léon VIGIER, notaire soussigné à donné lecture aux parties des articles treize cent quatre vingt onze et treize cent quatre vingt quatorze du Code civil et leur a délivré le certificat prescrit par ce dernier article pour être remis ainsi qu'elles en tout ouverture à l'officier de l'Etat civil avant la célébration du mariage.
Et après lecture faite, les parties ont signé avec les personnes présentes et Maître Vigier, notaire.
Suivent les quatorze signatures des mariés, de leurs parents, de leurs témoins et du notaire.
7 Faisans, 3 Maillard, 2 Champion, plus Lefèvre et Vigier Haut de page
Lettre de remerciements adressée à l'Académie des Sciences
Paris, 20 décembre 1905
Messieurs les Secrétaires perpétuels,
Dans sa séance publique annuelle, l'Académie des Sciences m'a fait l'honneur de me décerner l'un des prix Montyon (Médecine et Chirurgie)
Très sensible à cette marque d'encouragement si précieuse donnée à mes travaux, je vous prie, Messieurs les Secrétaires perpétuels, de vouloir bien exprimer à l'Académie des Sciences mes plus vifs remerciements.
Veuillez agréer, Messieurs, l'expression de mes sentiments les plus respectueusement dévoués.
Signé : L Maillard. Haut de page