FACULTÉ DE MÉDECINE
A NANCY
Il s’inscrit à la faculté de médecine en novembre 1897.
Immédiatement, au vu de sa licence de physique chimie, cet élève doué est nommé
préparateur des travaux pratiques de chimie. L'année suivante le voit
préparateur des cours. En 1898, à 20 ans, il fait l’une de ses premières
communications scientifiques lors d’un congrès international à Cambridge ; (il
maîtrise donc l’anglais). Le 1er novembre 1900, il est nommé
chef des travaux
à la faculté de médecine de Nancy. Il dispense des cours de
chimie et prononce des conférences de chimie analytique.
Son Dossier Universitaire
(17 pages en PDF)
Sa puissance de travail, sa rigueur, sa probité, toutes ces qualités familiales et lorraines sont élevées par Louis Camille au niveau du sacerdoce. Il l'écrit lui-même lors de ses remerciements de thèse à ses enseignants. Notons d'ailleurs que ses professeurs sont parmi les plus prestigieux qu'un étudiant puisse rêver : le Doyen BICHAT, les Professeurs HALLER, GUNTZ, BLONDLOT, en sciences, les Professeurs HERGOTT, SPILLMANN, BERNHEIM, GROSS, GARNIER, en médecine, tous ayant de nos jours un hôpital, une rue ou un amphi à leur nom. En outre, M. PRENANT a créé une Société intitulée Réunion biologique dans laquelle les étudiants brillants bénéficient du soutien ouvert de cet aréopage universitaire. La Société a trouvé chez Louis Camille un terrain si fertile que ses professeurs le considèrent comme un des leurs. Quelques communications de MAILLARD feront d'ailleurs l'objet d'une publication nationale.
C'est l'une des ces communications qui lui fera obtenir le prix RITTER en novembre 1899 (action spécifique des ions libres sur les êtres vivants - Penicillium glaucum) et le fera Lauréat de la Faculté de Médecine. Rappelons que cette même année, il réussit une 2ème licence de Sciences (en zoologie). Tout cela, parallèlement à sa médecine, ce qui prouve une nouvelle fois sa puissance de travail et sa soif de connaissances.
Sa double formation lui permettra une approche différente des autres chimistes et médecins lors des expériences de laboratoire et cela explique sans doute le caractère souvent complet et définitif de ses publications. Le chimiste recherche l'application médicale, et le médecin s'appuie sur la certitude chimique. Entre ses études de médecine, sa licence de sciences, ses cours, ses conférences, son activité au sein de la Société et ses parents, il ne doit plus lui rester beaucoup de temps pour ses ami(e)s ! D'autant que nous pouvons encore relevé sa présence en tant que secrétaire dans les Conférences Espérantistes.
A cette époque, il se présente au Conseil de Toul. Sursitaire jusque 1905, il se trouve dispensé de service militaire pour myopie importante (g6/d7) et astigmatisme. Il est réformé n° 2 le 11 novembre 1899. Il peut donc continuer ses préparations et prendre ses fonctions de Chef des travaux pratiques en 1900 à la faculté de Médecine de Nancy. Le bulletin d'émargement du rectorat montre qu'il perçoit pour ce cours une allocation de 1 500 francs (AD54, 1 T 1107 )
FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ DE NANCY
Organigramme en 1903
Doyen : M. GROSS, Interne,
Assesseur : M. BERNHEIM, Interne,
Professeurs honoraires : MM. HERGOTT, Interne, HECHT, Interne, BEAUNIS, Interne,
Clinique médicale M. BERNHEIM, Interne, professeur
Clinique chirurgicale M. GROSS, Interne, professeur
Physique médicale M. CHARPENTIER, Interne, professeur
Médecine opératoire M. CHRÉTIEN, Interne, professeur
Clinique chirurgicale M. WEISS, Interne, professeur
Chimie médicale et toxicologie M. GARNIER, Interne, professeur
Clinique médicale M. SPILLMANN, Interne, professeur
Clinique obstétricale et accouchements M. A. HERGOTT Interne, professeur
Médecine légale M. E. DEMANGE, Interne, professeur
Hygiène M. MACÉ, Interne, professeur
Thérapeutique et Matière médicale M. SCHMITT, Interne, professeur
Anatomie pathologique M. BARABAN, Interne, professeur
Anatomie descriptive M. NICOLAS, Interne, professeur
Physiologie M. MEYER, Interne, professeur
Pathologie générale et Pathologie interne M. SIMON, Interne, professeur
Histologie M. PRENANT, Interne, professeur
Histoire naturelle médicale M. VUILLEMIN, Interne, professeur
Clinique ophtalmologique M. ROHMER, Interne, professeur
Cours complémentaires
Clinique des maladies des vieillards M. P. PARISOT, Interne, agrégé, chargé du cours
Clinique des maladies des enfants M. HAUSHALTER, Interne, agrégé, chargé du cours
Clinique des maladies syphilitiques et cutanées M. FÉVRIER, A, agrégé, chargé du cours
Accouchements M. SCHUHL, A, agrégé, chargé du cours
Pathologie externe M. VAUTRIN, agrégé, chargé du cours
Fondation de l'Université : Clinique d'orthopédie M. FROELICH, agrégé
Fondation de l'Université : Clinique d'électrothérapie M. GUILLOZ, agrégé
Fondation de l'Université : Clinique d'oto-rhino-laryngologie M. JACQUES, agrégé
Fondation de l'Université : Clinique des voies urinaires M. ANDRÉ, agrégé
Clinique des maladies mentales M. PARIS, chargé du cours
Conférence de chimie médicale M. GUÉRIN
Messieurs ÉTIENNE, A, ZILGIEN, A, GUILLOZ, A, FROELICH, A, SCHUHL, A, JACQUES, A, LAMBERT, A, ANDRÉ, BOUIN, A, SPILLMANN (L), MICHEL (G),
Agrégés libres :
Messieurs SCHLAGDENHAUFFEN, Interne, VAUTRIN, A, REMY, A, P. PARISOT, Interne,
FÉVRIER, Interne, HAUSHALTER, Interne.
_______
Monsieur F. LAMBERT DES CILLEULS, A, Secrétaire.
A noter que toutes ces personnes sont titulaires des palmes académiques et nombre d'entre elles
officier de la légion d'honneur
LISTE DES PROFESSEURS DE LOUIS CAMILLE MAILLARD
à la faculté de médecine de Nancy, de 1897 à 1903
Ont annoté le dossier universitaire :
Professeur GROSS
Professeur BERNHEIM
Professeur HERGOTT
Professeur SPILLMANN
Professeur FÉVRIER
Professeur ROHMER, cousin par alliance de Louis Camille MAILLARD
EXAMINATEURS :
Première année, bulletin de versement 900, quittance n° 28
CHRÉTIEN
NICOLAS
JACQUES
Deuxième année, bulletin de versement 70, quittance n° 127
GARNIER
MEYER
JACQUES
Troisième année, bulletin de versement 169, quittance n° 1990
CHRÉTIEN
HERGOTT
FÉVRIER
Troisième année, 2ème partie, bulletin de versement 548, quittance n°422
SPILLMANN
BARABAN
ÉTIENNE
Quatrième année, bulletin de versement 190, quittance n° 160
DEMANGE
MACÉ
HAUSHALTER
Cinquième année, bulletin de versement 220, quittance n° 200
GROSS
CHRÉTIEN
SCHMITT
Cinquième année, 2ème partie, bulletin de versement 239, quittance n° 231
SPILLMANN
SCHMITT
HAUSHALTER
Sixième année, bulletin de versement 974, quittance n° 540
soutenance publique de la thèse n° 19 le 17 juillet 1903 à 16 heures
GARNIER, professeur, Président du jury
MEYER, professeur, juge
GUÉRIN, agrégé, juge
LAMBERT, agrégé, juge Haut de page
et de la
de NANCY
Série III. - - Tome II . - - Fascicule IV
2ème année. Novembre et Décembre 1901
Côte P 135 1901 Archives départementales de Meurthe et Moselle
Louis MAILLARD* est membre de la Société depuis le 15 décembre 1899 avec le n° 60 (à 21 ans)
M. Cuénot, secrétaire général de la Réunion biologique, présente son rapport pour l'année 1899-1901. Pendant les huit séances de la Réunion, il a été fait vingt-quatre communications ou présentations dues à MM. Abt, Bouin, Cuénot, Dormoy, Dupuy, Florentin, Gain, Garnier, Lambert, Guillemin, Hecht, Le Monnier, Maillard, Maire, Prenant, Raoult et Rohmer. La plupart de ces communications, qui ont touché à tous les points de la biologie, ont été insérées ou résumées dans le Bulletin annuel. * En gras, les membres de la Société également professeurs de Louis Camille
Le prix Ritter, fondé en mémoire de notre regretté collègue, est
attribué tous les deux ans, au meilleur travail original de chimie
médicale, fait dans un laboratoire de la Faculté de Médecine, par un
élève ou un ancien élève de notre École.
Rapport sur le concours, présenté à la faculté de médecine par une commission composée de MM. CHARPENTIER, président ; GARNIER, MEYER, GUILLOZ et GUERIN, rapporteur.
Le mémoire présenté pour le concours du prix Ritter, par Monsieur Louis MAILLARD, licencié ès-sciences, préparateur de chimie biologique à la Faculté, a pour titre :
" De l'intervention des ions dans les phénomènes biologiques. Recherches sur la toxicité du sulfate de cuivre pour le Penicillium glaucum ".
Monsieur Maillard, après avoir débuté par un exposé magistral sur la théorie des ions, telles que l'ont édifiée les travaux des chimistes contemporains, parle de l'importance de cette théorie dans le domaine physiologique et de l'idée nouvelle qu'elle introduit en chimie. Citant les nombreux travaux de ses devanciers, auxquels il applique une critique raisonnée, il fait ressortir, par des explications judicieuses, toute la valeur de l'intervention des phénomènes osmotiques dans ces sortes d'expériences. Valeur que monsieur Eckardt, dans sa thèse inaugurale, faite dans le laboratoire d'Ostwald a bien mise en évidence en établissant qu'il existe un parallélisme très net entre la vitesse de diffusion des corps et leur toxicité pour les bactéries, telle que l'avaient antérieurement déterminée Messieurs Paul et König.
Monsieur Maillard indique ensuite qu'il s'est d'abord préoccupé de l'être vivant, de l'organisme de choix sur lequel il voulait expérimenter. Il expose les considérations qui l'ont conduit à adopter une mucédinée, le Penicillium glaucum qui représente, parmi les êtres inférieurs, l'un des types les plus maniables par la simplicité de son fonctionnement physiologique et chimique, sa résistance exceptionnelle et sa grande faculté d'adaptation.
Partant de ce fait que la dissociation des corps diminue quand la concentration augmente, et qu'on peut faire rétrograder facilement l'ionisation d'un sel dissous en ajoutant à la solution de celui-ci un autre sel de même acide, mais d'un métal différent et non toxique, Monsieur Maillard, dans une série d'études et d'expériences de contrôle, a bien mis en évidence l'action inhibitrice du sulfate d'ammonium sur la toxicité du sulfate de cuivre à l'égard du Penicillium, et les prévisions basées sur les phénomènes d'ionisation ou dissociation électrolytique se trouvent pleinement confirmées.
Monsieur Maillard, du reste, a prouvé directement et expérimentalement que le sulfate d'ammonium agissait bien ici par son anion So4, comme il le supposait, tandis que le cation AzH4 était indifférent. Les expériences qu'il a instituées, pour arriver à cette démonstration, sont aussi probantes qu'instructives. Elles démontrent aussi que pour abaisser la toxicité du sulfate de cuivre en dissolution, on peut remplacer le sulfate d'ammonium par le sulfate de sodium ou le sulfate de potassium, bref, qu'une addition d'anions So4 empruntés aux sulfates alcalins diminue uniformément la toxicité du sulfate de cuivre.
Une deuxième partie du travail de Monsieur Maillard est consacrée à d'intéressantes expériences de cryoscopie ayant pour but la détermination du coefficient de dissociation des diverses solutions cupriques qu'il a étudiées, afin de pouvoir comparer le poids des récoltes de Penicillium aux quantités d'ions Cu+ que renfermaient ces liquides. Les résultats ont conduit l'auteur à tirer les conclusions suivantes :
1°) La grande part de la toxicité du sulfate de cuivre pour le Penicillium glaucum revient aux ions Cu+
2°) Une autre part dans cette action, bien plus petite il est vrai, peut être attribuée aux molécules non ionisées CuSo4.
Comme conclusions générales, Monsieur Maillard déclare :
1°) Que l'on peut aujourd'hui considérer comme définitivement démontré le rôle spécial des ions dans la toxicité des sels minéraux et que le rôle chimique des sels en physiologie est certainement fonction de leur degré de dissociation
2°) Qu'un autre facteur, bien distinct du premier, réside dans la différence osmotique entre l'organisme et le milieu toxique
3°) Que ces conclusions sont applicables à tous les phénomènes de chimie physiologique, qu'ils soient toxicologiques ou non
4°) Enfin que ces influences sont surtout faciles à démontrer dans le cas d'organismes physiologiquement homogènes, tels qu'un tissu bien défini anatomiquement.
En résumé, le mémoire de Monsieur Maillard est très scientifiquement conçu et des plus remarquables. Il dénote chez son auteur une connaissance approfondie de la chimie physique et un esprit critique d'une grande subtilité.
La Faculté sera heureuse, sans aucun doute, d'attribuer le prix de la fondation Ritter à ce travail qui honore son auteur et jette un lustre tout particulier sur le laboratoire où il a pris naissance.
AD 54 -- BA 76 – 1 – année 1900 – pages 90 et 114 à 116
En cette fin du 19ème et ce début de 20ème
siècle, le médecin et linguiste polonais Lejzer Ludwik ZAMENHOF met au
point l'Espéranto. Son grand dessein est de relier les hommes par-delà
les frontières et les barrières linguistiques. Les élites scientifiques
adhèrent à cet ambitieux projet.
Sises à Nancy en zone frontalière, les communautés médicales de l'Est de
la France, fortes de ses nombreux réfugiés, apportent un appui sans
réserve au programme de Zamenhof. Les réunions nancéiennes sont très
courues et l'assistance compte dans ses rangs moult médecins de "
l'Ecole de Nancy" *.
* L'appellation Ecole de Nancy qualifie les médecins célèbres tels les
grands professeurs Lièbault, Bernheim. Vuillemin, Hergott,
Spillmann et quelques autres. Freud lui-même vient à Nancy
assister aux conférences des Maîtres. Ce n'est que plus tard que les
artistes de l'Art Nouveau associerons leurs noms à cette dénomination à
l'instigation de Gallé. Alors, rendons à César…!
Le
Groupe Médical Espérantiste de France organise son congrès mondial.
Celui-ci se déroule sous la Présidence de Zamenhof en personne avec la
participation de la Société Française de Physique, de la Société
Internationale des Electriciens, des Professeurs Adelsköld,
Appell, d'Arsonval,
Baudoin de Courtenay, Becquerel, Berthelot, Bouchard,
Deslandres,
Duclaux, Förster,
Haller,
H. Poincaré, Ramsay,
Général Sebert, etc.
Monsieur
MAILLARD est Secrétaire des
Séances.
Secrétaire d'une telle assemblée, c'est bien plus qu'un honneur, c'est
déjà une consécration !
Appell :
(Paul), mathématicien français, né à Strasbourg (1855-1930).
On lui doit de nombreux ouvrages sur la mécanique rationnelle.
Arsonval :
(Arsène d'), physicien français, né à La Borie (Haute-Vienne)
{1851-1940}. Il appliqua les courants de haute fréquence à la médecine (d'arsonvalisation)
et perfectionna le galvanomètre.
Becquerel :
(Henri) né à Paris 1852, Le Croisic 1908, découvrit la radioactivité en
1896. Prix Nobel en 1903. Fils d'Edmond, Paris, 1820-1891
(spectrographie) et petit-fils d'Antoine, Châtillon-Coligny (1788-1878),
auteur de travaux sur les piles, l'électrochimie, la télégraphie.
Berthelot :
(Marcelin), chimiste et homme politique français, né à Paris
(1827-1907). Rival de Pasteur. Auteur de travaux sur la synthèse des
corps organiques et sur la thermochimie. Académie Française. Monsieur
MAILLARD recevra la Médaille Berthelot en 1919.
Deslandres :
(Henri), astronome français né à Paris (1853-1948),
inventeur du spectrohéliographe.
Duclaux :
(Emile), biochimiste français, né à Aurillac (1840-1904). Successeur de
Pasteur.
Haller :
Professeur de Maillard à Nancy,
puis à la Sorbonne et Membre de l'Institut.
Poincaré :
(Henri), mathématicien français, né à
Nancy
(1854-1912), l'un des plus grand de son temps. Il a découvert les
fonctions fuchsiennes. Académie Française et Académie des Sciences. La théorie de la relativité, c'est lui dit Einstein dans un interview.
Ramsay :
(sir William), biochimiste britannique, né à Glasgow (1852-1916). Il a
découvert l'hélium, l'argon et les autres gaz rares. Prix Nobel 1904.
Tous ces savants sont de fervents adeptes de l'espéranto.
L'Espérantiste. 7, rue Boileau à Paris. AD 54. Revue médicale de l'Est BA 166 1904 (15 décembre)
Fascicule I - - 1ère année - - janvier 1900
Louis Camille perçoit une indemnité annuelle de 1 500 francs
en tant que chef des travaux pratiques de chimie
1 chargé de cours touche 2000 francs, M.BOUIN agrégé 3000, Messieurs ROHMER et PRENANT, chefs de clinique, 6000, le professeur GARNIER 8000 et le Doyen 11000 francs
Abonnement au journal 3 francs l'an, 5 centimes le numéro ;
Bicyclettes : neuve à partir de 150 francs, occasion à partir de 25 francs ;
Vin de 9 degrés 25 centimes le litre, de 10 degrés 32 centimes le litre ;
Prix du kilogramme en francs :
Café 3,10 ; Sucre scié 1,05 ; Chocolat 2 ; Pâtes 0,80 ; Riz 0,40 ; Farine à pâtisser 0,35
Huile douce 0,80 F le litre ; Rhum de Martinique 1,50 F
Agrandissement photo 55cm x 40cm 11 francs
1 costume de fillette commence à 4,90 francs ; 1 are de vignes vaut 20 francs
1 voiture CLEMENT de Panhard Levassor à partir de 4 300 francs en 4 chevaux